J’adore les carnets.
Pour moi, un projet n’existe vraiment qu’à partir du moment où il a une page quelque part.
Alors forcément, quand j’ai commencé le crochet, j’identifiais déjà quel carnet de ma collection pourrait convenir.
Au début, le crochet c’est simple. Un projet, un crochet, une pelote. Rien à noter, rien à retenir.
Et puis ça cesse d’être simple.
Un crochet que je jure avoir utilisé pour commencer un ouvrage, sans en être certaine. Des pelotes achetées pour un projet précis, entamées par erreur pour un autre. Des trucs que j’étais absolument sûre de retenir et que j’avais oubliés trois semaines plus tard.
Bref, je me perdais.
Alors j’ai fait ce que je fais toujours : j’ai voulu un carnet. Mais un carnet spécifique.
J’en ai parlé à mon mari. Je lui ai expliqué mon idée, ce que j’y mettrais, comment je l’organiserais. Il m’a écoutée jusqu’au bout et il m’a répondu :
« Tu devrais faire une app. »
Pour poser le décor : je ne suis PAS développeuse. Vraiment pas. En revanche, je suis patiente et très tenace. Et ça, il le sait très bien. Avec le recul, je crois que c’est la seule information qui comptait dans cette histoire.
Je m’y suis mise.
J’avais des idées. Beaucoup d’idées. Trop, sans doute. Il a fallu apprendre à en abandonner (et ça, c’est peut-être ce qui m’a demandé le plus d’efforts).
Le PC est resté posé sur un coin de meuble pendant des mois. Dès que j’avais une minute, je corrigeais quelque chose. Un bouton, une couleur, un affichage qui ne voulait rien savoir. Une minute avant de partir, une minute en rentrant, une minute qui devenait deux heures.
Ça a commencé comme une blague. Ça a continué comme un défi. Et puis c’est devenu un projet.
J’ai adoré. Sincèrement. J’ai appris des choses dont je ne soupçonnais même pas l’existence il y a quelques mois. J’ai résolu des problèmes, des dizaines, des centaines, jusqu’au jour où j’ai aussi douté de pouvoir arriver au bout.
Ensuite, il a fallu la faire tester.
Et là, ça m’a stressée. Beaucoup. Il y avait toujours une bonne raison d’attendre encore un peu : un détail à revoir, une page à finir, un truc pas tout à fait prêt.
Jusqu’au moment où j’ai vu ce que j’étais en train de faire. Je ne préparais pas. Je repoussais.
Alors je me suis lancée. J’ai tout testé seule, j’ai trouvé encore un milliard de corrections à faire (spoiler : il en reste), et j’ai soumis à Apple.
Qui a approuvé.
Muuch est en ligne depuis moins de vingt-quatre heures. J’ai filmé le moment où j’ai cliqué sur le bouton, parce que je ne l’aurais jamais cru possible. Je suis allée jusqu’au bout.

Et surtout, pour la première fois de ma vie, je me suis lancée sans savoir faire.
J’aurais pu passer six mois à me former. Trouver des formations, des vidéos, des bouquins, et accumuler suffisamment de connaissances pour enfin me sentir légitime. Six mois pendant lesquels l’app n’aurait existé nulle part ailleurs que dans ma tête.
Je crois que la légitimité ne se trouve pas avant. Elle arrive après. Et encore, pas toujours.
Évidemment, il y a un sentiment tout neuf qui est arrivé avec la mise en ligne : la responsabilité. Ce n’est plus un fichier sur un PC posé sur un coin de meuble. C’est une app que des gens vont télécharger, dans laquelle ils vont ranger leurs projets, leurs pelotes, leurs crochets. Leurs affaires.
Maintenant, j’attends.
J’attends de voir comment elle sera accueillie. J’attends surtout vos retours, parce qu’il y aura des corrections, ça je le sais déjà. Mais aussi parce que je voudrais la construire avec vous, et la faire évoluer en fonction de ce dont vous avez réellement besoin.
La dernière fois, j’écrivais que les rêves savent attendre, et qu’une fois qu’on les a rejoints, ils nous demandent parfois la même chose.
Celui-là n’a jamais été un rêve. C’était juste un carnet.
Et j’aime bien l’idée que pour une fois, je n’aie pas eu à attendre trente ans avant de m’y mettre.
À très vite,
Elsa.
P.S. : Si vous tombez sur un bug, soyez gentils. J’ai fait de mon mieux (et je le corrigerai, promis).
P.S. : Ha oui, il y a une page dédiée à l’app sur le blog pour en savoir un petit peu plus. Et pour la télécharger, clique ici.
0 commentaires