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Voyage

Histoire nº 13

L’enfant, le chat et la mer.

À quelques jours du départ, notre solution de garde pour le chat s'est effondrée. Après une demi-heure de panique modérée, nous avons pris la décision la plus raisonnable possible dans ces circonstances : embarquer le chat aussi.

Commençons par un aveu : je prépare un voyage avec ma fille de deux ans avec à peu près le même calme que si je préparais une expédition polaire. Je fais des listes, je les perds, je les refais, je ne les consulte pas. On réorganise la voiture trois fois. Et au moment de partir, je suis à peu près certaine d’avoir oublié quelque chose d’essentiel (et généralement, c’est le cas).

Cette année, à quelques jours du départ, notre solution de garde pour le chat s’est effondrée. Après une demi-heure de panique modérée, nous avons pris la décision la plus raisonnable possible dans ces circonstances : embarquer le chat aussi. Sept heures de route, une petite fille, un chat, deux adultes vaguement optimistes : nous ne partions que pour Saint-Malo et j’avais la sensation qu’on embarquait pour une traversée de l’Atlantique…


Cette carafe n’a absolument rien à voir avec le contenu de ce post, si ce n’est qu’elle a été photographiée durant ce séjour, mais regardez-là… Elle est si belle, il fallait bien que je la mette quelque part.

La première heure a été… comme je l’avais imaginé. Ma fille a réclamé « Un petit lapin s’est caché dans le jardin » en boucle. Le chat a tenu à participer en miaulant à chaque refrain avec une régularité de métronome. Trois lapins, six miaulements, douze lapins, vingt-quatre miaulements.

Au bout de quarante minutes, j’ai regardé mon mari de ce regard en coin qui signifie « on a fait une erreur, n’est-ce pas ? »

Et puis je me suis dit : ce n’est que sept heures, après, ce sera bien. (Le « ce sera bien » dans ma bouche, c’est de l’optimisme à crédit.  Je l’emprunte toujours sans savoir comment je vais le rembourser.)

Eh bien figurez-vous que ça a été bien. Mieux que bien !

Nous sommes retournés à la Résidence Reine Marine, qui est devenue, à force, notre adresse à Saint-Malo. Des appartements spacieux, en bord de plage, une piscine, et (détail décisif maintenant que nous voyageons en équipage complet) les animaux y sont les bienvenus. À dix minutes en voiture du centre, entourée de bonnes adresses où manger. (Je vous prépare d’ailleurs un article dédié sur mes restaurants préférés du coin, que j’enrichirai au fil des séjours.)

Le reste, je ne l’avais pas vraiment programmé. Des matins sans réveil, des après-midi à ne rien faire de précis, un peu de sel sur la peau, beaucoup de sable dans les chaussures. Ma fille, épuisée par toutes ces nouveautés (l’eau, le sable, la piscine, les mouettes, les crêpes) dormait entre 10 et 12h la nuit.

Pour les parents d’enfants en bas âge qui me lisent : oui, douze heures. Non, je n’invente pas.

Nous sommes rentrés moins fatigués que nous étions partis, ce qui est l’exploit le plus rare de mes vacances en famille.

À très vite,

Elsa

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