Porto en 3 jours : visites, bonnes adresses et coups de cœur
Une lumière d'hiver sur les façades colorées, des ruelles escarpées qui débouchent sur le Douro, des airs de fado et beaucoup de pastéis de nata. Trois jours à Porto, à la fin de l'année 2021, entre promenades sans itinéraire, jolies découvertes et quelques souvenirs qui nous accompagnent encore aujourd'hui.
C'est à Porto que nous avons terminé l'année 2021. Un voyage qui m'attendait sous le sapin de Noël et qui, trois jours plus tard, nous emmenait au Portugal avec nos sacs à dos.
Il faisait froid, mais suffisamment beau pour passer nos journées dehors. La ville était animée sans nous sembler bondée, et nous avons profité de ces trois jours pour marcher, découvrir quelques très bonnes tables et vivre une soirée musicale absolument mémorable.
À Porto, nous avons beaucoup marché. Ce qui revient, assez rapidement, à monter et descendre un nombre considérable de rues.
Le quartier de Ribeira, avec ses façades colorées et ses quais, est probablement celui qui m'a laissé la plus forte impression. Un habitant nous expliquait que la ville n'avait pas du tout ce visage une dizaine d'années auparavant. Les façades étaient grises, les touristes moins nombreux et beaucoup de bâtiments attendaient encore d'être rénovés.
Nous avons traversé le pont Dom-Luís I, emprunté le téléphérique de Gaia pour admirer la ville d'en haut, grimpé jusqu'à la cathédrale et fait un détour par la gare de São Bento pour découvrir ses magnifiques azulejos.
Et puis nous avons simplement flâné.
J'aime bien visiter une ville sans avoir constamment les yeux rivés sur Google Maps. À force de suivre un itinéraire, on finit par ne plus regarder que la destination. Il y a pourtant beaucoup de jolies choses à découvrir qui ne figurent dans aucun guide.
Nous sommes d'ailleurs passés trois fois devant la célèbre librairie Lello, en ralentissant pour essayer d'apercevoir l'intérieur, avant de renoncer devant les quelque 400 mètres de file d'attente. Nous avons en revanche découvert par hasard une boutique de sardines dont les boîtes ressemblaient à des emballages de bonbons.
Une boutique de sardines n'était évidemment pas sur notre liste. Comment aurait-elle pu l'être ? J'ai trouvé le concept excellent : les boîtes sont tellement belles qu'elles donnent une bonne raison de ne jamais les ouvrir. Et ça, c'est quand même très bien joué.
Nous avons aussi découvert Porto depuis le Douro, à bord d'un bateau privé pour une promenade de deux heures avec Antonio, un habitant qui connaissait sa ville sur le bout des doigts.
Je ne suis pas une grande adepte des visites guidées où l'on nous explique tout, tout le temps. Je me sens obligée d'écouter attentivement, de hocher la tête aux bons moments et, au bout d'un moment, ça finit par me donner le tournis.
Nous avions surtout envie de profiter du paysage et d'une promenade en amoureux. Antonio répondait volontiers à nos questions, mais nous laissait tranquilles le reste du temps. Exactement ce qu'il nous fallait.
Nous avons même dégusté un verre de Porto à bord, un exercice assez amusant compte tenu des mouvements du bateau.
Mais mon plus beau souvenir du séjour reste indiscutablement notre soirée à l'Ideal Clube de Fado.
Je connaissais assez mal le fado avant d'y aller. Nous avons découvert une petite salle à l'atmosphère feutrée, quelques tables de bistrot, un verre de Porto offert à l'arrivée et des musiciens installés tout près du public.
Pendant un peu plus d'une heure, j'ai eu l'impression d'être transportée dans une autre époque. La musique, les voix, cette incroyable guitare portugaise… C'était probablement le moment où je me suis sentie le plus dépaysée de tout le voyage.
Si nous retournons à Porto, je pourrais sans difficulté y passer toutes mes soirées.
Nous avons également découvert le Magical Garden, une promenade nocturne au milieu d'installations lumineuses dans le jardin botanique. Entre la pluie et les restrictions sanitaires de l'époque, nous étions presque seuls dans les allées. Une jolie parenthèse, même si elle ne nous a pas autant marqués que le fado.
J'ai évidemment gardé le meilleur pour la « faim ».
Je garde de Porto un souvenir gastronomique assez extraordinaire, et celui d'avoir passé trois jours dans un état de satiété presque permanent. Nous avons pourtant beaucoup marché, mais manifestement pas suffisamment pour compenser tout ce que nous avons mangé.
Parmi nos meilleures découvertes, le Cozinha dos Lóios, où nous avons dîné le premier soir un peu par hasard, faute d'avoir réservé ailleurs. Nous y avons retrouvé avec bonheur des pimientos de padrón, dont nous sommes de grands amateurs. Tout était très bon, à l'exception d'une crème brûlée un peu trop liquide et trop généreusement dosée en cannelle à mon goût.
Nous avons également beaucoup aimé Alibi by YoursPorto, où nous sommes retournés après une première tentative infructueuse. Cette fois, avec une réservation. La cuisine était excellente et les portions si généreuses que je n'ai pas eu le courage de commander leur spécialité de poulpe pour moi toute seule.
Pour une pause plus tranquille, nous avons déjeuné à l'Astória, au rez-de-chaussée de l'InterContinental. Un très joli cadre, loin de l'agitation des rues, avec à l'époque un menu déjeuner particulièrement intéressant.
Et puis il y a eu le Majestic Café.
Au risque de me faire houspiller par ceux qui le considèrent comme l'un des plus beaux cafés du monde, je suis restée assez insensible à son charme. L'Art nouveau n'étant pas un courant artistique qui me botte particulièrement, je suis restée assez insensible au décor. Il ne me restait finalement qu'un vieux café étroit où l'on faisait la queue pour boire un café à cinq euros.
C'est également là que nous avons goûté la fameuse francesinha, une sorte de croque-monsieur particulièrement ambitieux, garni de plusieurs viandes, de fromage fondu et d'une généreuse sauce orangée. On nous avait recommandé d'aller chez Brasão, mais nous étions arrivés trop tard. Nous nous sommes donc rabattus sur le Majestic et, franchement, je ne vous recommande pas cette expérience.
Heureusement, il y avait les pastéis de nata.
Nous avions déjà découvert ceux de Belém lors d'un précédent voyage au Portugal et nous en sommes de grands fans. Ceux de Manteigaria étaient absolument délicieux.
L'enseigne propose même des boîtes spécialement conçues pour les transporter facilement dans l'avion. Une excellente initiative pour les gens qui, comme nous, considèrent qu'il est tout à fait raisonnable de rapporter des pâtisseries dans un sac à dos déjà plein.
Nous avons séjourné à la Pousada Porto Rua das Flores, en plein centre-ville. Une très bonne surprise : décoration soignée, petit déjeuner varié, personnel disponible et même une piscine intérieure chauffée.
Mais son principal atout reste sa localisation, qui nous permettait de rentrer faire une pause sans perdre une heure en déplacements.
Une petite réserve toutefois : si vous êtes sensibles au bruit, évitez les chambres donnant sur la rue piétonne. Certaines donnent sur une cour intérieure, probablement plus tranquille.
Il me reste aussi un souvenir un peu particulier de ce voyage.
Dans la rue de notre hôtel, un violoncelliste jouait un morceau qui m'a immédiatement plu. J'ai essayé de le retrouver avec Shazam, sans succès. J'ai alors téléphoné à ma nièce, qui a reçu une bien meilleure éducation musicale que moi, et elle l'a reconnu.
Quelques mois plus tard, en mai 2022, c'est sur cette musique que nous nous sommes mariés. C'est finalement le plus joli souvenir que nous ayons rapporté de Porto.
Quelques photos supplémentaires