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Holbox au Mexique : cinq jours sur une île du Yucatán

Holbox au Mexique : cinq jours sur une île du Yucatán

Écrit par Muuch ·

Après les routes du Yucatán, les cités mayas et les cénotes, nous avons terminé notre voyage par cinq jours sur l'île de Holbox. Nous y avons trouvé une plage presque déserte, une chambre dont nous ne voulions plus partir et, surtout, le plaisir de ne plus avoir de programme.

Holbox, comme dirait O., ça s'est bien goupillé.

À commencer par notre hôtel, le Palapas del Sol, où une série de circonstances particulièrement favorables nous a permis de séjourner dans l'une des plus belles chambres de l'établissement. Une grande pièce aux poutres apparentes, ouverte sur une terrasse qui dominait les palmiers et la plage. Il y avait des hamacs, un salon extérieur et la mer à quelques mètres. J'ai immédiatement compris que j'allais passer beaucoup de temps ici.

Lorsque nous avons décidé de prolonger notre séjour, les choses se sont arrangées une seconde fois. Alors que notre chambre n'était théoriquement plus disponible, nous avons pu la conserver au tarif d'une chambre standard. Un petit hold-up dont nous avons profité sans le moindre remords.

Mais notre véritable chance tenait peut-être à l'emplacement de l'hôtel. La plage était magnifique, tranquille et, contrairement à plusieurs endroits de la côte que nous avions traversés, parfaitement épargnée par les sargasses lors de notre séjour. Après avoir passé tant de temps à comparer les hébergements avant le départ, nous étions particulièrement contents de notre choix.

Devant nous s'étendait une longue plage de sable clair, bordée de palmiers et de quelques installations en bois et en feuilles de palmier. La mer était peu profonde, et le soir, lorsque le ciel commençait à changer de couleur, le paysage prenait une douceur assez difficile à quitter.

Nous avions prévu de nous reposer. Pour une fois, tout semblait nous y encourager.

Nous sommes restés cinq jours à Holbox. Cinq journées pendant lesquelles nous n'avons presque rien fait, ce qui, me concernant, mérite d'être souligné.

Le matin, nous descendions prendre notre petit déjeuner au bord de la mer. L'hôtel proposait de le servir directement sur la plage, une habitude que nous avons adoptée avec une remarquable facilité. Nous prenions notre temps, puis nous nous installions sur le sable, souvent avec très peu de monde autour de nous.

Je pourrais consacrer plusieurs paragraphes aux couleurs de l'eau, à la lumière et aux nuances de bleu qui changeaient au fil des heures, mais je vais vous épargner cela. Disons simplement que nous étions très bien là où nous étions.

J'aimais particulièrement observer les pélicans. Ils passaient au-dessus de l'eau, repéraient leur proie puis plongeaient brusquement, avec une précision qui me fascinait. Il y a quelque chose d'assez comique à voir ces grands oiseaux, si maladroits lorsqu'ils se déplacent sur la terre ferme, devenir d'excellents pêcheurs dès qu'ils prennent leur envol.

Les heures passaient ainsi, entre les baignades, la lecture et de longues pauses à regarder la mer. Je retrouvais régulièrement notre terrasse, parfois simplement pour m'asseoir dans un hamac et profiter de la vue.

Il m'a pourtant fallu un peu de temps pour apprécier pleinement ce rythme. J'ai tendance à vouloir occuper mes journées, même lorsque je suis censée me reposer. Rester inactive n'est pas toujours facile pour moi, surtout mentalement. À Holbox, cette envie de faire quelque chose a fini par s'effacer. Nous n'avions rien de particulier à accomplir, aucun endroit où nous devions absolument nous rendre, et cette absence d'obligation est devenue l'un des meilleurs souvenirs du séjour.

Holbox, au-delà de la plage

Nous n'avons pas passé nos cinq journées à l'hôtel pour autant. L'après-midi, nous partions régulièrement nous promener dans le centre de Holbox, où l'atmosphère était bien différente de celle de notre plage.

Les rues étaient animées, bordées de petites boutiques, de restaurants, de bars et de glaciers. De grandes fresques colorées recouvraient certaines façades et donnaient au village un caractère très particulier. Nous aimions nous y attarder, nous arrêter pour manger quelque chose ou simplement marcher sans destination précise.

Le centre avait aussi ses petits inconvénients. Les plages y étaient touchées par les sargasses, contrairement à celle de notre hôtel, et les orages pouvaient compliquer sérieusement les déplacements.

Nous avons connu plusieurs averses impressionnantes. Après la pluie, certaines rues se transformaient en véritables étendues d'eau, parfois impossibles à traverser sans en avoir jusqu'aux chevilles. Il fallait alors avancer avec précaution, en serrant très fort les orteils sur ses tongs pour ne pas les perdre au fond d'une flaque.

Ces épisodes donnaient lieu à quelques traversées mémorables, mais ils faisaient aussi partie du quotidien de l'île tel que nous l'avons découvert.

En voiturette de golf jusqu'à Punta Coco

Un après-midi, nous avons loué une voiturette de golf pour explorer les environs de Punta Coco, à l'ouest de l'île. J'avais très envie de conduire l'un de ces petits véhicules que l'on croise partout à Holbox, et l'expérience ne m'a pas déçue.

Il fallait tout de même surveiller la route. Entre les flaques laissées par les orages et les trous qu'il valait mieux anticiper, la conduite demandait davantage d'attention que prévu. J'ai néanmoins beaucoup aimé parcourir l'île de cette manière, à une allure qui convenait parfaitement à notre programme.

Au moment de récupérer la voiturette, le loueur nous avait prévenus que Punta Coco était fermé. Nous n'avions pas bien compris s'il nous déconseillait de nous y rendre ou si l'accès était réellement interdit. Nous avons donc pris la direction du secteur pour voir jusqu'où nous pouvions aller.

À mesure que nous nous éloignions du centre, l'ambiance changeait. Les environs semblaient plus sauvages, moins fréquentés, avec des espaces encore peu aménagés. Nous avons toutefois remarqué plusieurs chantiers, qui laissaient présager des transformations importantes dans les années à venir.

Cette promenade nous a permis de découvrir un autre visage de Holbox, mais elle nous a également confortés dans notre choix d'hébergement. Nous étions heureux de retrouver, en fin de journée, la plage du Palapas del Sol et notre terrasse face à la mer.

Je crois que ce qui m'a le plus plu à Holbox, c'est la place que nous avons laissée aux choses les plus simples.

Nous avions passé les jours précédents à découvrir des endroits magnifiques, à prendre la route tôt le matin, à visiter des sites archéologiques, à descendre dans des cénotes et à multiplier les étapes. J'avais adoré cette partie du voyage, mais ces cinq jours sur l'île sont arrivés au bon moment.

Il y avait les petits déjeuners sur la plage, les pélicans qui plongeaient dans la mer, les promenades au milieu des maisons colorées et ces longues fins de journée où nous regardions le soleil descendre à l'horizon. Rien d'extraordinaire à raconter, finalement, et pourtant beaucoup de souvenirs auxquels je reste attachée.

Nous avons prolongé notre séjour parce que nous étions bien, tout simplement. Et lorsque le moment est venu de quitter Holbox pour passer nos derniers jours à Cancún, j'avais le sentiment d'avoir vraiment profité de cette parenthèse.

Notre voyage au Mexique touchait à sa fin. Nous allions bientôt retrouver Bruxelles, nos habitudes et les projets laissés en suspens avant le départ. Je redoute parfois le retour des vacances, mais cette fois, j'avais surtout envie d'emporter avec moi un peu de cette tranquillité.

Et puis, nous avions de quoi nous occuper à notre retour : entre autres choses, un mariage à préparer.

Holbox restera pour moi le souvenir de ces journées où nous n'avions besoin de rien d'autre que d'être là.

Ce récit est tiré de mes notes prises lors de notre voyage au Mexique, en mai 2021. Les établissements, tarifs et conditions d'accès ont pu évoluer depuis.

À lire aussi : Deux semaines dans le Yucatán : itinéraire et carnet de voyage au Mexique.

Étape précédente : Río Lagartos et Las Coloradas, entre flamants roses et salines.

Photographies Elsa Clain
Publié le novembre 2, 2026